Contrats (assurances, prévoyances…)
Contrats (assurances, prévoyances…)

Contrats (assurances, prévoyances…)

Les assureurs privés réclament parfois des certificats médicaux avant signature d’un contrat. L’Ordre National des Médecins a pointé leur illégalité dans un certain nombre de cas.

Quels sont ces certificats ?

  • Toute demande de certificat d’incapacité de travail ou d’invalidité, signé et tamponné par le médecin relatant « l’ensemble des antécédents en lien ou non avec l’arrêt actuel »
  • Certificat de bonne santé mentale pour un rachat de crédit
  • De manière générale, toutes les demandes abusives des assureurs privés

Pourquoi ces certificats sont-ils absurdes ?

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins rappelle que « le médecin traitant n’a pas à remplir, signer, apposer son cachet ou contre signer un questionnaire de santé simplifié ni à rédiger un certificat l’obligeant à détailler les causes du décès ou les antécédents de la personne décédée. »

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins détaille notamment le (très fréquent) cas des assurances prenant en charge l’incapacité de travail ou l’invalidité : « Ce type de contrat dit de prévoyance comporte généralement une clause par laquelle l’assuré s’engage à justifier de sa demande de mise en œuvre du contrat en communiquant les informations en rapport avec l’état de santé à l’origine de son arrêt de travail ou de son invalidité pour permettre au médecin conseil d’apprécier la durée de son indisponibilité.
Les médecins des compagnies d’assurance ne sont autorisés, par aucun texte, à demander des renseignements au médecin traitant, pas plus qu’ils ne sont autorisés à demander une copie de la première page d’un arrêt de travail où figure les éléments d’ordre médical motivant cet arrêt.
En outre, le médecin traitant n’a pas à remplir, signer, apposer son cachet ou contresigner un questionnaire de santé ou un certificat médical détaillé transmis par l’assuré. Au surplus, ces demandes apparaissent comme un processus de contrôle de l’arrêt de travail alors même que sa validité ne peut être remise en cause qu’à l’occasion de contrôles médicaux prévus par la réglementation. L’invalidité des assurés sociaux fait également intervenir, en vertu de la réglementation le service médical de l’assurance maladie. Il appartient à l’assuré, qui a accès à son dossier médical, de communiquer les éléments médicaux en rapport avec l’état de santé à l’origine de son arrêt de travail ou de son invalidité ainsi que les informations permettant au médecin conseil de l’assurance d’apprécier la durée de son incapacité. »

Ainsi, en avril 2024, il est désormais rappelé sur Service-public.fr que « le médecin ne doit pas donner d’informations vous concernant à une compagnie d’assurance. Un assureur ne peut pas demander au médecin des informations ou des documents médicaux vous concernant.« 

Quels sont les certificats autorisés pour les assureurs ?

  • Le rapport médical (questionnaire détaillé par pathologie ou par appareil) en vue de souscrire à un contrat d’assurance, lorsqu’un risque a été identifié par le médecin conseil sur le questionnaire simplifié rempli par le futur assuré.
  • Un certificat indiquant, sans autre précision, que le décès résulte d’une cause naturelle ou d’un accident.

Rien d’autre.

Depuis le 1er juin 2022, les assurances n’ont plus à réclamer de questionnaire de santé pour obtenir une assurance emprunteur si la part assurée est inférieure ou égale à 200 000 euros, et si le remboursement total du prêt est prévu avant 60 ans. Cette évolution permet à des emprunteurs considérés à risque pour raisons de santé de ne plus supporter de surprimes ou d’exclusions de garanties. (Attention, il faut considérer le cumul des en cours assurés : si la personne est déjà assurée pour un prêt, celui-ci consomme une partie de l’enveloppe Lemoine)

A noter que les certificats réclamés par les assureurs privés ne devraient pas donner lieu à un remboursement par l’Assurance Maladie (article L321-1 du code de la Sécurité sociale) ; les frais (en honoraires libres) sont à la charge de l’assureur ou, s’il s’en est défaussé, du patient. Il est toutefois fréquent que les médecins ne fassent pas payer ce certificat à leurs patients, consultant souvent à cette occasion pour d’autres motifs médicaux.

En 2021, la Cour de Cassation a rappelé qu’un médecin-conseil d’Assurance viole le secret médical s’il transmet un rapport médical à un expert judiciaire sans l’accord du patient (chambre criminelle, 16 mars 2021, n°20-80125).

Pour rappel, vous avez dans l’onglet Easy Certificat Creator une aide pour différentes situations concernant les assurances (invalidité, annulation voyage, décès…)

Sources et informations supplémentaires

4 commentaires

  1. poupard vincent

    Un certificat pour qu’un de mes patients de plus de 80 ans fasse un rachat de crédit. Il va faire de sacrées économies. Mais comme il est vieux j’ai du lui faire un certif d’aptitude à faire des démarches administratives (une non demande de mise sous protection en somme). Mais ça n’allait pas. Fallait faire un certif de bonne santé. Puis finalement de bonne santé mentale.
    Plus les demandes sont farfelues plus il faut y consacrer du temps et les refaire. Il avait honte de revenir mais il a quand même eu son rachat de crédits.

  2. Jolly

    Bonjour Michael,
    Tout d’abord merci pour ce site et toutes les informations que nous pouvons y trouver.
    J’ai une question concernant une demande de mon assureur prévoyance Collecteam.
    Je suis en arrêt maladie depuis plusieurs mois et cette assurance complète une partie de mon traitement (je suis fonctionnaire territorial).
    Je viens de recevoir une attestation médicale sous forme de questionnaire à faire remplir et signer par mon médecin. Les questions sont très détaillées portant sur la nature même de ma pathologie et les traitements mis en place.
    D’après ce que j’ai compris sur ce site mon médecin n’a pas à le renseigner n’est-ce pas ?
    Et moi, y suis je obligée ?
    Merci beaucoup par avance pour vos explications.
    Bon après-midi.

    1. Bonjour,

      Merci beaucoup ! Effectivement, c’est un certificat classique, contre lequel nous luttons car il n’a pas de fondement légal et s’oppose aux recommandations de l’Ordre des médecins.
      Voici la réponse que nous proposons sur Easy Certificat Creator :

      Madame, Monsieur,

      Comme rappelé dans le rapport du Conseil de l’Ordre National des Médecins (avril 2015, mis à jour en 2019), les médecins des compagnies d’assurance ne sont autorisés, par aucun texte, à demander des renseignements au médecin traitant (1). Il appartient à l’assuré, qui a accès à son dossier médical, de communiquer, s’il y a lieu, les éléments médicaux en rapport avec l’origine de son arrêt de travail, son incapacité (1).
      Le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir auprès d’un professionnel de santé soumis au secret médical la communication d’informations médicales en violation de l’article L1110-4 du code de santé publique est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (2).

      Par ailleurs, le médecin traitant n’a pas à remplir ni signer un questionnaire de santé ou un certificat médical transmis à l’assuré par son assureur. En effet, nul ne peut être à la fois médecin expert et médecin traitant d’un même malade (Art R4127-105 du Code de la Santé Publique) (3).

      La rationalisation des certificats médicaux a fait l’objet de la circulaire DSS/MCGR/DGS 2011-331 du 27 septembre 2011 (4) et a été rappelée en 2023 par l’Assurance Maladie (5).
      Cette demande est donc injustifiée ET ILLÉGALE et contribue à occuper indûment du temps médical, nuisant de fait à l’accès aux soins. Pour en savoir plus sur cette problématique, vous pouvez consulter le site du collège de médecine générale : https://certificats-absurdes.fr
      Ce principe est également rappelé sur Service-public.fr : un assureur ne peut pas demander au médecin des informations ou des documents médicaux concernant un assuré (6).

      Je vous remercie de faire remonter ce courrier à qui de droit dans les plus brefs délais, afin que cette demande injustifiée et illégale ne soit plus réclamée auprès des patients.

      Pour toute demande ultérieure de votre part concernant ce dossier ou un autre, je vous remercie de communiquer uniquement par écrit, en signant, et en indiquant le nom des médecins conseils de votre assurance réclamant la violation du secret médical. Cette information pourra être utile dans l’hypothèse d’une plainte auprès du Conseil de l’Ordre des Médecins.

      Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs,

      (1) https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/external-package/rapport/l346l7/cnom_questionnaires_de_sante_certificats_et_assurances.pdf
      (2) https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043895798
      (3) https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006912985
      (4) https://sante.gouv.fr/fichiers/bo/2011/11-10/ste_20110010_0100_0056.pdf
      (5) https://www.ameli.fr/medecin/exercice-liberal/regles-de-prescription-et-formalites/certificat-medical-quand-et-pour-qui
      (6) https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34302

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